31 % des plus de 65 ans en France sont aujourd’hui en situation de dépendance. C’est un chiffre, pas un pronostic, et il suffit à bouleverser notre conception de la gestion financière dans le secteur solidaire. Le plan comptable, souvent perçu comme un exercice administratif rébarbatif, trace en réalité le portrait en mouvement d’une organisation et de ses choix. D’un côté, les immobilisations ancrent la durée, de l’autre, les actifs circulants courent après la liquidité ; au centre, la trésorerie, parfois reléguée au second plan, révèle bien plus qu’un simple solde de caisse. Mal comprise, la répartition entre ces catégories brouille la perception du risque, fausse l’analyse de rentabilité et pousse à des décisions à contretemps des besoins réels.
Pourquoi le bilan comptable reste un outil clé pour piloter ses finances
Le bilan comptable s’impose comme l’outil de pilotage incontournable, bien au-delà des contraintes réglementaires. Il déroule, colonne après colonne, la liste précise des ressources détenues et des dettes contractées, c’est-à-dire la tension permanente entre ce qui appartient à l’organisation et ce qui doit être rendu. Dans le secteur de l’économie sociale et solidaire (ESS), le bilan ne fige pas seulement une situation à un instant T : il donne à voir une trajectoire, une façon d’incarner concrètement l’utilité sociale.
Regardons la SCIC Les 3 Colonnes, pionnière du viager solidaire à Écully. Son bilan porte une ambition singulière : transformer l’épargne privée en moteur d’innovation sociale. Ici, chaque euro investi soutient le maintien à domicile des aînés, enjeu vital dans un pays où la dépendance explose (31 % aujourd’hui, 52 % prévus d’ici 2060). Loin des placements abstraits, l’épargne devient un outil concret au service du « bien vieillir ».
Trois axes structurent ce bilan : actif, passif et capitaux propres. Maîtriser leur lecture permet de prendre la mesure de la santé financière d’une structure à impact. Ce tableau vivant se transforme au fil des levées de fonds (164 millions d’euros pour Les 3 Colonnes depuis l’origine) et des réponses apportées aux urgences sociales. Pour juger de la robustesse d’un modèle, investisseurs et partenaires publics ou privés s’appuient sur ce document central. Dans l’ESS, le bilan devient espace de dialogue, outil de transparence et gage de responsabilité, autant que miroir de la performance économique et sociale.
Quelles sont les trois colonnes fondamentales du bilan et que révèlent-elles vraiment ?
Le bilan comptable repose sur une architecture tripartite, que chaque organisation doit savoir décrypter. À gauche, l’actif : l’ensemble de ce qui est détenu ou maîtrisé, depuis l’immobilier jusqu’aux créances clients en passant par la trésorerie. Chez Les 3 Colonnes, cela se traduit par un parc immobilier dont 58 % des biens affichent un DPE entre A et C, un indicateur direct du soin apporté à la valeur et à la performance énergétique du patrimoine.
En vis-à-vis, le passif regroupe les sources de financement, les dettes et tous les engagements envers des tiers. C’est ici que se dessinent la marge de manœuvre et la pression des obligations financières. Pour Les 3 Colonnes, le passif structure la capacité à tenir les engagements pris auprès de 5 000 investisseurs et plus de 644 bénéficiaires solidaires, concrétisant l’équilibre entre promesse et action.
Entre les deux, les capitaux propres stabilisent l’ensemble. Ils incarnent la part durablement acquise à la structure : apports initiaux, réserves accumulées, résultat de l’année. Ce pilier révèle la solidité du projet et la confiance des partenaires. Pour la SCIC, 164 millions d’euros levés depuis la création témoignent d’un modèle robuste et d’un collectif mobilisé autour de l’utilité sociale.
Voici les trois axes à retenir pour décoder un bilan :
- Actif : patrimoine, créances, liquidités disponibles
- Passif : dettes, engagements, financements externes
- Capitaux propres : ressources stables, réserves, résultat de l’exercice
La confrontation de ces colonnes offre une grille d’analyse pour jauger la santé financière réelle, la capacité à se renouveler, à investir ou à résister aux imprévus. Pour qui souhaite s’impliquer dans la finance à impact ou décrypter un projet solidaire, chaque colonne du bilan fait apparaître bien plus qu’un chiffre : on y lit un mode de gouvernance, une prise de risque, une vision.
Comprendre l’actif, le passif et les capitaux propres : décryptage et exemples concrets
L’actif reflète la vitalité d’une structure : il regroupe tout ce qui peut être utilisé pour agir, investir ou rembourser. Chez Les 3 Colonnes, cela se traduit par des biens immobiliers performants sur le plan énergétique (58 % classés A à C au DPE) et une trésorerie alimentée par l’activité de viager solidaire. Chaque investissement réalisé et chaque ressource détenue racontent une histoire d’engagement et d’action.
De l’autre côté, le passif met en lumière l’origine des fonds et la part de dépendance à l’égard de tiers. Il détaille les fonds propres, les dettes financières, les apports des investisseurs. La structure du passif, chez Les 3 Colonnes, repose sur la confiance de 5 000 investisseurs et la force des principes coopératifs, tout en garantissant stabilité et autonomie.
Au centre, les capitaux propres concentrent l’énergie collective : apports, réserves, résultat non distribué. Les parts sociales en sont l’incarnation : valeur nominale de 50 €, aucun dividende, gouvernance démocratique (« une personne, une voix »). Ce modèle assure l’ancrage sur le long terme, tout en offrant un levier fiscal attractif : réduction d’impôt sur le revenu de 25 % pour les souscripteurs qui conservent leurs parts au moins 7 ans.
Pour illustrer les spécificités financières de l’investissement en parts sociales, voici les points à retenir :
- Ticket d’entrée fixé à 2 000 € (soit 40 parts sociales)
- Aucun frais à la souscription ni à la conservation des parts
- Absence de marché secondaire : le risque d’illiquidité est réel
Chaque colonne du bilan traduit une intention : protéger, développer, servir une cause d’utilité sociale. Chez Les 3 Colonnes, la finance devient un levier pour favoriser le maintien à domicile et la qualité de vie des aînés.
Ressources et accompagnement : vers une gestion financière éclairée avec l’aide d’experts
Se repérer dans cette complexité exige souvent de s’entourer de spécialistes. La gestion financière ou la santé financière d’entreprise ne se limitent pas à la lecture d’un tableau : il s’agit d’un processus structuré, enrichi par des outils pédagogiques et le retour d’expérience du terrain. La SCIC Les 3 Colonnes a construit autour d’elle un réseau d’experts pour conseiller aussi bien les investisseurs que les porteurs de projet. Leur mission : apporter des réponses précises sur les risques, les modalités de souscription et la fiscalité des parts sociales.
Derrière ce dispositif se trouve une histoire : celle de Sébastien Tchernia, fondateur de la coopérative, dont l’engagement prend racine dans le parcours de sa grand-mère, touchée par la maladie d’Alzheimer. Cette expérience personnelle a nourri une culture de la transparence et de la pédagogie : documents, ateliers, webinaires, tout est mis en place pour accompagner les sociétaires, qu’il s’agisse de bâtir une stratégie patrimoniale ou de comprendre le fonctionnement du viager solidaire.
Les accompagnements proposés couvrent plusieurs aspects :
- Analyse personnalisée du bilan
- Conseils sur la durée de détention et la fiscalité associée
- Décryptage des principes de gouvernance démocratique : une voix par personne
La SCIC Les 3 Colonnes bénéficie également du soutien d’acteurs publics : convention SIEG avec le ministère des solidarités, statut d’entreprise solidaire d’utilité sociale. Cette reconnaissance institutionnelle s’accompagne d’outils concrets pour les investisseurs qui veulent associer engagement et impact sur la durée. Avec la prochaine campagne de souscription de parts sociales, ouverte du 29 juillet au 29 décembre 2025, les réseaux d’experts se mobilisent pour garantir une information à la fois accessible et fiable.
Le bilan comptable, loin de se résumer à une formalité, dessine une carte vivante des ambitions et des choix. Chez Les 3 Colonnes, chaque colonne du tableau raconte une histoire de confiance partagée, de stratégie assumée, de solidarité incarnée. Au fil des lignes, la finance cesse d’être une abstraction : elle devient un engagement palpable, prêt à affronter les défis du vieillissement et à réinventer le sens du patrimoine.


